Prospérité et Partage

Introduction

1er 1999 par Les ouvriers

 

Cet ouvrage a pour objet de développer une réflexion sur la nature et la finalité de l’ordre économique et social. Il s’appuie sur la loi naturelle selon laquelle la société domestique a sur la société civile une priorité logique et une priorité réelle [i][ii][1], cependant que mutuellement ordonnées l’une à l’autre ; aucune des deux ne peut se soustraire à ses devoirs envers l’autre, ni renier ou diminuer les droits de l’autre.
 
« La société est le moyen dont l’homme peut et doit se servir pour atteindre sa fin, car la société est faite pour l’homme et non l’homme pour la société. Ce qui ne veut point dire, comme le comprend le libéralisme individualiste que la société est subordonnée à l’utilité égoïste de l’individu, mais que, par le moyen de l’union organique avec la société, la collaboration mutuelle rend possible à tous de réaliser la vraie félicité sur terre » [2].
Il s’en suit que toute organisation des sociétés, économiques, sociales ou politiques, doit avoir pour objectif l’harmonisation organique et l’équilibre mutuel et réciproque des cellules qui les composent. Cette dynamique sociale intimement animée par la vie et la civilisation, c’est-à-dire par le long et douloureux polissage des moeurs et l’apprentissage de l’amour, fut, par de funestes écarts entretenus et répétés dans la chaîne des siècles, renversée et dénaturée. Sous la pression conjuguée des forces d’aliénation et de pesanteur, l’ordre s’est déshumanisé, il est devenu immoral, il est chaos. 
 
« Comment ne voyez vous pas que ce que vous appelez valeur est le résultat absurde d’un état faux de la société  » reprochait P.J. Proudhon à Jean-Baptiste Say [3].Valeur qui, selon ce dernier, ne pouvait que s’acheter ou se vendre, et qui, par suite logique, impliquait que les valeurs humaines et sociales soient hiérarchisées et subalternisées en fonction de leur dimension marchande[4].
 
A son tour, Abraham Lincoln constatera que : «  la puissance d’argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d’adversité. Elle est plus despotique que la monarchie, plus insolente que l’autocratie, plus égoïste que la bureaucratie. Je vois arriver dans un proche avenir une crise qui me déconcerte et me fais trembler pour la sécurité de mon pays. Les groupes financiers et industriels sont devenus tout puissants, il s’ensuivra une ère de corruption aux postes élevés et la puissance d’argent du pays cherchera à prolonger son règne en utilisant les préjugés du peuple jusqu’à ce que la fortune soit concentrée en un petit nombre de mains et la république détruite » [5]. 
Cette concentration de pouvoirs, monopolisés entre les mains des dépositaires de l’argent, peut ainsi, « par son étendue et son caractère international, constituer au dessus des Etats une sorte de super-Etat, dont la puissance démesurée peut leur imposer, sous peine de graves commotions financières, des attitudes contraires au bien commun ou à la justice. D’où il faut conclure que, si le capital est en soi légitime, un régime capitaliste peut être illégitime et donc mauvais »[6].
 
C’est à partir des années qui suivirent la première guerre mondiale que Clifford Hugh Douglas[7] s’attacha à dénoncer l’immoralité flagrante et tyrannique du système financier.
Il écrivait alors : « Toute critique du système financier ne peut être utile que s’il est admis que l’efficacité du système proposé est subordonné à un objectif extrêmement précis ; la fixation de cet objectif précis étant chose claire ; il appartiendra à la technique retenue d’ajuster les méthodes de la psychologie humaine aux réalités physiques de façon que cet objectif puisse être atteint le plus facilement possible. Comment pourrais-je partager le point de vue de ceux qui disent que la politique ayant trait à l’économie mondiale équivaut à une philosophie de la vie ? Non, l’activité économique est, selon moi, une simple activité fonctionnelle des êtres humains dans le monde. Une activité économique ne peut parvenir à sa pleine efficacité que si elle satisfait avec aisance et rapidité les besoins de l’économie sans empiéter sur les activités des autres fonctions sociales » (Warning Democracy, 1934).
Il était clair que l’activité économique ne pouvait atteindre son objectif, qui n’est autre que de servir les besoins humains si, pour se faire, elle devait étouffer jusqu’à la nécrose les autres fonctions sociales et guider l’humanité subalternisée toute entière, selon le bon plaisir des maîtres absolus de l’argent et du crédit. En effet, la monnaie, qui n’est rien d’autre que l’instrument des échanges, permet, quand elle est dispensée à certains privilégiés en fonction de sa seule valeur marchande, de verrouiller les forces créatrices humaines, de canaliser et de diriger les fonctions sociales, et, en définitive, finit par interdire l’échange. Ainsi, la monnaie a perverti l’échange, qui, de commutatif qu’il était, est devenu vénal. 
 
 Au XIX e siècle, soulignait L.G. Teyssier [8], « deux roues tournaient l’une à côté de l’autre, la monnaie (métallique) et les marchandises. Elles n’avaient pas toujours la même circonférence ; elles ne tournaient pas toujours à la même vitesse. Elles étaient dissymétriques. L’une apportait au public des moyens de paiement, l’autre des biens de consommation ; mais la proportion changeait fréquemment. Il manquait des moyens de paiement lorsqu’il y avait abondance de marchandises, ou il manquait de marchandises quand il y avait abondance de moyens de paiement. Aujourd’hui, on en est toujours au système des deux roues, la roue de la production, la roue de la monnaie de crédit. Et malgré tous les efforts, elles ne parviennent pas à s’ajuster, d’où les crises ». Cette monnaie de crédit, monopolisée aujourd’hui par les maîtres de l’argent, interdit à tout homme, en tant qu’être doué de raison, de détenir ce droit fondamental et naturel d’user des biens matériels de la terre, alors qu’un « tel droit ne saurait en aucune manière être supprimé, pas même par l’exercice d’autres droits certains et reconnus sur des biens matériels » [9]
 
C’est ce que comprit déjà C.H. Douglas qui proposa, afin que tous les ouvriers de la onzième heure qu’engendre notre civilisation puissent être garantis d’un tel droit inaliénable, l’établissement d’un dividende qui puisse donner à chacun plus qu’elle ne leur demande ; et ceci bien avant que l’Etat ne prenne autoritairement aux uns pour redistribuer aux autres, ce qui n’eut pour fâcheuses conséquences que de détruire l’initiative individuelle et l’esprit d’entreprise. Ce système répartitif de redistribution n’eut pour effet que de déresponsabiliser ses bénéficiaires, de produire de l’assistanat et d’encourager l’individualisme.
A l’inverse, Douglas entendait promouvoir l’esprit associatif, il déclarait à ce sujet : « La création de richesses aujourd’hui est inévitablement une affaire coopérative. Des produits viennent de diverses sources et forment un ensemble de biens auquel tous viennent puiser... La production de cette richesse exige de moins en moins de labeur. Elle est surtout le fruit de l’emploi de puissances motrices et d’ingénieuses machines de toutes sortes. Il faut bien le reconnaître, il y a une nombre croissant d’individus dont la production moderne n’aura nullement besoin pour une partie considérable de leur vie. Ce nombre ne pourra qu’augmenter de plus en plus (à mesure du recours à des sources d’énergie extra-humaine et à mesure du progrès dans les techniques de production). Le problème n’est donc pas de leur chercher vainement de l’emploi, mais d’établir un dispositif qui leur permette d’obtenir les produits sans être embauchés. Et cela peut se faire très facilement par le moyen d’un système de dividendes ; Si vous recevez un dividende aujourd’hui, à titre d’heureux actionnaire d’une compagnie qui en distribue, ce que vous recevez en réalité, c’est un morceau de papier qui vous donne droit à une fraction de la production ; non pas uniquement de la production dans laquelle sont engagés vos placements, mais, à votre choix, de n’importe quelle production offerte dans le monde entier. Ce produit global de richesses existe, offert sur le marché communautaire ; et si nous étendons le système de dividendes, de telle sorte que tous ceux d’entre nous qui sont sans emploi obtiennent de ces garanties de dividendes, et que ceux qui sont employés les obtiennent en outre de leur salaire, alors nous aurons un état de choses qui ne fera que refléter exactement les faits physiques de la situation » [10] et  [11].
 
Louis Even [12] résuma ces propositions monétaires de la façon suivante :
I- Effectuer un contrôle national de la monnaie par un compte de crédit national reflétant en tout temps la véritable richesse du pays, de sorte qu’à toute augmentation enregistrée de la production corresponde une émission de masse monétaire identique, et inversement, afin que les moyens d’achat - ou pouvoir d’achat - entre les mains de la population soient, en tout temps, collectivement égaux aux prix collectifs à payer pour les biens consommables.
II- Cette nouvelle émission monétaire doit parvenir directement aux agents économiques consommateurs, franc d’intérêt et de dette, sous la forme d’un crédit social distribué de deux manières :
1.  d’une part, par un dividende national à chaque citoyen, sous la forme d’un pouvoir d’achat additionnel, reconnaissant à chacun le droit à un héritage commun, facteur de progrès et de civilisation ; et ceci de sa naissance à sa mort, indépendamment de toute activité rémunérée par ailleurs. Dividende inaliénable dont chaque citoyen serait bénéficiaire du seul fait de son existence.
2.  d’autre part, par un ajustement des prix, compensé aux producteurs, sous forme de baisse du coût de la vie, qui équilibrerait définitivement le pouvoir d’achat global à la production offerte, évitant toute inflation comme toute déflation.
 
Il s’agirait, en quelque sorte, de subdiviser le pouvoir financier, de ne plus l’établir sur la valeur vénale, mais sur la personne humaine. Henri Moreau qui, le premier, s’attacha à diffuser la pensée de Douglas en Europe francophone, et à qui je rends ici l’hommage de l’élève au précepteur [13], a ainsi pu écrire que le crédit social n’est pas seulement une réforme monétaire, mais est surtout « une philosophie globale basée sur la personne, une démocratie économique qui exigera de nous le financement de la consommation ». En effet, le principe même du crédit social autorise la distribution d’un « dividende à chaque citoyen de ce pays sans priver aucune personne des avantages qu’elle possède, mais, a contrario, en augmentant ceux de tout le monde »[14]. «  Nous croyons », déclarait Douglas [15], «  que nous pourrions rencontrer les besoins d’aujourd’hui au moyen de ce que nous appelons un Dividende National. Ce Dividende sera fourni par une création d’argent nouveau - mais distribué en pouvoir d’achat aux citoyens consommateurs, c’est-à-dire à toute la population. Qu’on me permette de bien souligner le fait que ce ne doit pas être de l’argent obtenu par la taxation, parce que, dans mon opinion, il est d’importance vitale de réduire les taxes très rapidement et radicalement. La distribution au moyen de dividendes d’un certain montant de pouvoir d’achat, au moins assez pour permettre un certain degré de respect de soi-même, de santé et d’honnête subsistance, est le premier desiteratum de la situation ». Par ces propos, Douglas dénonçait déjà tous les systèmes redistributifs de l’Etat Providence que nous connûmes depuis.
 
Il ne peut donc s’agir de réduire la liberté économique, de diminuer ou de renier les droits des uns pour accroître ceux des autres, par un système de prélèvements sociaux ou fiscaux, mais d’augmenter et de prolonger les libertés et les droits économiques de tous et de chacun. Ces libertés et ces droits nouveaux doivent être naturellement et simultanément contrebalancés par des responsabilités et obligations nouvelles. En effet, il serait vain de domestiquer le pouvoir financier, de discipliner la vénalité des êtres, et d’accroître les droits économiques de l’ensemble de la société civile si ceux-ci devaient être dispensés par l’Etat, unilatéralement, selon son bon plaisir, entre les différents organes sociaux. Ceci reviendrait, pour reprendre l’expression de P.J. Proudhon, à transférer au groupe, et qui plus est, à un monstre anonyme, l’Etat, les droits qui étaient ceux d’un dépositaire individuel. Il s’en suivrait alors que la puissance de l’Etat, entrepreneur, sera encore plus grande et donc, son autorité d’autant plus étouffante qu’on l’aura poussée jusqu’à ses extrêmes conséquences[16].
 
« Le vocable « liberté » est bien le mot le plus galvaudé depuis une vingtaine d’années », rappelait H. Moreau en 1962, « et doit retrouver sa véritable signification. Cela signifie qu’à toute liberté doit correspondre la responsabilité qu’elle engendre »[17] . C’est pourquoi C.H. Douglas a toujours milité pour que la personne humaine soit maître de l’organisation de sa vie, libre d’accepter ou de refuser toute proposition, libre de s’associer. Il fut, en fait, le combattant des forces qui s’opposent à la liberté de choix de l’individu, au sens où l’entendait Simone Weil en parlant du «  combat coextensif, lui, à toute notre histoire, entre les tendances oppressives et les tendances émancipatrices, entre les forces d’asservissement et les forces de libération, bref, entre la pesanteur et la grâce ».
C’est sans aucun doute ce qu’il voulut exprimer, lorsqu’en 1935, il s’abstint de venir saluer la victoire électorale du créditiste William Aberhart dans la province canadienne d’Alberta. Henri Moreau écrivit à ce sujet dans le journal « Vers Demain » : « En cela, Douglas restait logique envers ce qu’il a toujours professé, à savoir que le social-créditisme doit d’abord développer le pouvoir chez les citoyens par la prise de responsabilités individuelles ». Ces responsabilités et devoirs d’émancipation s’inscrivent dans le droit de la raison, le droit de distinguer le bien du mal dont chacun est titulaire mais que l’Etat, dans un système coercitif, s’est octroyé au nom d’un prétendu intérêt général. On ne peut cependant changer les moeurs par décret !
 
Dénoncer la société marchande des changeurs de monnaie ne signifie pas pour autant qu’il faille verser dans son excès contraire, d’une société de gratuité. Tout en ce monde est périssable. Si des potentialités d’abondance relative peuvent apparaître, si même nos propositions s’inscrivent sous le signe de l’abondance ; l’abondance, en absolu, n’existe pas, pas même dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons. Et ceci nous amène aujourd’hui à respecter, à apprécier notre environnement, faute d’avoir cru, un temps, que tout bien n’a de valeur que s’il est vénal. Il en est de même des potentialités d’abondance du crédit, franc d’intérêt, qui, elles aussi, sont dépendantes des hommes de bonne volonté. Il leur faudra, pour se maintenir, comme le rappelle le « Rapport de la Commission d’étude sur le système monétaire appelé Crédit Social » de 1939 (infra), « une augmentation continuelle de production due à une augmentation équivalente de travail ». Il n’est pas besoin de simulation économique pour comprendre que si cette responsabilité n’est pas laissée entre les mains des titulaires de droits nouveaux, ceux-ci ne pourront posséder la pleine conscience de la contrepartie nécessaire à l’existence du crédit social [18].
Il faut donc développer ici, parallèlement et simultanément, une théorie de mutualité, une loi de réciprocité, une loi de l’échange commutatif qui vienne contrebalancer et prolonger les pouvoirs organiques ouverts par ces nouveaux droits et libertés.
 
Ce ne peut-être qu’une loi de coopération «  qui, par la sincérité de l’échange crée une véritable solidarité entre les peuples, qui, sans interdire l’initiative individuelle, sans prohiber l’épargne domestique, ramène incessamment à la société les richesses que l’appropriation en détourne » [19], qui, par la limitation réciproque des pouvoirs qu’elle autorise ne puisse qu’ajouter et non plus retrancher au tout et parties, car  « de même que la partie et le tout sont en quelque manière une même chose, ainsi ce qui appartient au tout est en quelque sorte à chaque partie » [20]. Ce tout, cette personne organique et dynamique est « très certainement une réalité, un être, une essence que je désigne sous le nom d’homme collectif. Cet homme existe dans la commune, dans la nation, dans l’humanité christianisée. Il est en croissance » [21]... 
 
Enfin, c’est à une double lecture de cette étude que nous vous convions, eu égard aux valeurs spirituelles et aux aspirations libertaires, les deux raisons contraires, qui firent notre civilisation, et qui, de confrontation en osmose, pourraient nous amener à vivre en communion de libertés.


 


1 : Lettre encyclique Rerum Novarum, Léon XIII, 15 mai 1991.
2 : Lettre encyclique Divinis Redemptoris, Pie XI, 1937.
3 : En marge d’un ouvrage étudié de J.B. Say, "Cours complet d’économie politique", Proudhon avait annoté : « Imbécile, faux savant ! Comment ne voyez vous pas que ce que vous appelez valeur est le résultat d’un état faux de la société », et plus loin : « L’homme ne peut pas vendre ses services, ni acheter ceux d’un autre (...). Il y a dans la société, comme dans la famille, échange de services, mais non pas achat, ce qui ne se peut sans immoralité, vol ou fraude. Il faut repenser le problème de la domesticité » (Cahier VII).
4) : Cet état faux de la société a pénétré depuis longtemps nos moeurs. Cependant, il me semble, qu’historiquement, ce fut la loi d’Allarde du 22 mars 1791 qui institutionnalisa ces moeurs dolosives. Au demeurant, Marat qui en fut l’adversaire, avait bien compris que cette loi supprimant les corporations, provoquerait la disparition des produits de qualité par l’abandon d’une surveillance mutuelle plus vigilante que celle du pouvoir. « Et Marat avait raison : les marchandises les plus rentables étaient celles qui disparaissent par l’usage et doivent être journellement renouvelées. Le commerce exigea alors de l’industrie qu’elle étende ce principe de précarité à tous les produits manufacturés en dégradant volontairement leur qualité » (Le compagnonnage et les métiers, Luc Benoist, Que sais-je n¹ 1203, PUF 1966).
5 : Ce texte est à comparer avec le discours d’investiture de M. William Jennings Bryan, repris par Clifford Hugh Douglas dans la préface à la nouvelle édition de 1924 de « Social Credit » : « The money power preys upon the nation in times of peace and conspires againts it in times of adversity. It is more despotic than monarchy, more insolent than autocracy, more selfish the bureaucracy. Il denounces, as public enemies, all who question its methods, or throw light upon its crimes. It can only be overthrow by the awakened conscience of the nation ».
6 : Cardinal Verdier, cité par J. Duperray, « La question sociale », SPES, 1937.
7 Clifford Hugh Douglas (1879-1952), Major écossais de l’armée des Indes, ingénieur polytechnicien, fondateur du « Social credit Movement », notamment auteur de The monopoly of credit, The nature of democracy, Social credit, Social credit principles, Credit power and Democracy, Economic democracy, Warning Democracy, etc.
8 « Le contrôle des changes en France », Librairie du commerce international, 1973, cité par l’abbé Elie Garnier, « Une monnaie au service des hommes », 1985.
9 : Pie XII, Radio Message du 1er juin 1941.
10 : Conférence à Christchurch, Nouvelle Zélande, le 13 février 1934.
11 : Dans le même temps, une autre analyse était développée, en France, par Jacques Duboin (1878-1976), ancien secrétaire au Trésor de Joseph Caillaux, et fondateur du mouvement d’économie distributive. Duboin proposait l’instauration d’un revenu social, indépendant du travail, gagé sur la production. En contrepartie, le travail devenait un service social. Le mensuel « La Grande Relève » perpétue aujourd’hui sa pensée dans une démarche qui n’est pas éloignée de la notre.
12 : Louis Even (1885-1974), breton exilé au Québec en 1901, traducteur de C.H. Douglas, fondateur du journal « Vers Demain », auteur de « Sous le signe de l’abondance ».  
13 : Auteur de « Votre Avenir, pour un vrai socialisme dégagé de Marx » (1962), « La démocratie économique » (1965), fondateur du journal belge « Brisons le piège » (1962).
14 : C.H. Douglas, Newcastle Upon Tyne, 9 mars 1937.
15 : Conférence du 14 février 1935 devant le roi de Norvège, Oslo. 
16 : Il faut noter qu’après la conception libérale de l’Etat qui prévalait au XIX e siècle, puis l’Etat Providence et interventionniste du XX e siècle, l’Etat tend aujourd’hui à promouvoir un modèle d’Etat entreprise avec l’autorité que cela comporte.
17 : « Votre Avenir », 1962.
18 : Il est démontré que l’accroissement des revenus de transferts sociaux, conjugué à la diminution des revenus nets du travail, entraine un manque d’incitation à travailler. L’étatisation des charges sociales, en déresponsabilisant les citoyens, a ainsi provoqué et entretient une foule de comportements individualistes, économiquement régressifs et fondamentalement égoistes.
 19 : P.J. Proudhon, « Système des contradictions économiques ou Philosophie de la Misère », 1846.
20 : St. Thomas d’Aquin (Sum, Theol. II-II).
21 : P.J. Proudhon, Carnet VIII, (note de 1850)
 


 

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