Le plan Fisher est incontournable pour Prospérité et Partage. Une réforme monétaire et financière pertinente, donc courageuse, lucide et librement dirigée vers le bien commun, ne peut l’ignorer. De quoi s’agit-il ?
Le plan de réforme monétaire de Fisher consistait à supprimer le lien entre la monnaie et le crédit, de sorte que son émission soit indépendante de la demande de prêts bancaires. Pour y parvenir, il convient que l’émission de crédit bancaire par les banques secondaires soit couverte à 100 % par des réserves en monnaie centrale afin que « la monnaie ne soit pas à la merci des prêts. ».Il s’agissait de substituer à un système de couverture fractionnaire des dépôts par des encaisses en monnaie centrale un système de couverture intégrale.
Ce système peut se présenter comme un plan de nationalisation de la monnaie, puisque celle-ci ne serait plus émise par une multitude d’opérateurs privés. Mais cette nationalisation ne concerne évidemment pas les banques secondaires dont le capital et l’activité de dépôts resteraient privés. La monnaie ne serait plus émise par les institutions privées que sont les banques secondaires (à capitaux privés ou publics) mais par une « commission spéciale gouvernementale » qui suivrait une règle d’émission monétaire annoncée. Cette règle d’émission accompagnerait l’évolution des échanges en assurant la stabilité de l’indice des prix retenu[1]. Le volume de monnaie suivrait le rythme naturel de l’activité économique sans lier le crédit bancaire à l’émission de monnaie. Ainsi, la monnaie serait émise de façon régulière sans subir les aléas des demandes de prêts qui ont produit et produisent de fortes variations, des cycles d’expansion et de dépression, préjudiciables à l’économie.
Pour mettre en place ce plan de réforme, Fisher séparait les banques secondaires en deux catégories aux activités bien distinctes :
- les banques de prêt et de dépôt dont le métier est de prêter sur leurs fonds propres et sur l’épargne déposée, et de gérer les dépôts,
- les banques d’émission de monnaie scripturale (promesses de payer, chèques et ses substituts) qui gèrent les ordres de paiement en chèques reçus avec des dépôts en monnaie centrale.
On retrouve dans cette distinction le principe de division en deux départements de la Banque d’Angleterre soutenue par l’école de la circulation.
L’objectif de ce principe est de supprimer les risques d’illiquidité bancaire pour rendre ce principe actif et efficace.
Ce n’est donc pas un problème de réserves métalliques, d’ailleurs Fisher se prononce pour la suppression de l’étalon or.
Donc pour rendre les principes de l’école de la circulation efficaces, il faut imposer aux dépôts (donc aux chèques) un coefficient de réserves à 100 %. [2]
Après Irving Fisher, Milton Friedman, Maurice Allais et James Tobin, entre autres, proposèrent à leur tour de séparer les activités des banques et de revenir à un taux de couverture intégrale des dépôts [3].
Janpier Dutrieux ©
Pour consulter les travaux actuels autour du sujet :
La monnaie à l’abri des prêts : le plan d’Irving Fisher à l’origine des propositions de « Narrow banking », Sylvie Diatkine (Journées internationales d’économie monétaire et bancaire, Birmingham, juin 2003) :
Le bon ratio bancaire ? 100 %, Martin Wolf (Financial Times et Le Monde économie du 5 octobre 2009 :
[1] - Irving Fisher 100 % money, 1935, p 15. Par ailleurs, la stabilité de la monnaie ne doit pas être appréciée par rapport à un étalon comme l’or. Il faut gérer la monnaie à l’aide d’une règle prédéfinie (p ;169-170).
[2] - La monnaie à l’abri des prêts. Le plan Irving Fisher (1935) à l’origine des propositions du narrow banking. Sylvie Diatkine. Communication aux 20e journées internationales d’économie monétaire et bancaire, Birmingham, 5-6 juin 2003.
[3] - On notera : - Maurice Allais, Les conditions de l’expansion dans la stabilité sur le plan national, Revue d’économie politique, janvier 1967. - Milton Friedman, A program for monetary stability, Fordham University press 1959. - James Tobin, Financial innovation and deregulation in perspective, Bank of Japon, Monetary and economics studies, vol 3, n°2, 1985.
Accueil du site |
Contact |
Plan du site |
Se connecter |
Statistiques |
visites : 15228

