Prospérité et Partage
Où va le monde (2 et 3)

Le ralemntissement de l’élan démographique - Le développement humain

1er 1999 par L’archiviste

 

2 - LE RALENTISSEMENT DE L’ELAN DEMOGRAPHIQUE, notes autour du Rapport 1998 du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) ;
 
3 - LE DEVELOPPEMENT HUMAIN, notes autour du Rapport 1998 sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
 
 
2 - LE RALENTISSEMENT DE L’ELAN DEMOGRAPHIQUE
Notes autour du Rapport 1998 du Fonds des Nations Unies
pour la Population (FNUAP) [1]
 
 
Le taux d’accroissement annuel de la population mondiale est passé de 2 % dans les années 60 à 1,4 % en 1994. Il devrait continuer de décroître pendant les premières décennies du 3e millénaire. L’utilisation de contraceptifs dans les Pays En Développement (PED) et la scolarisation des filles expliqueraient ce ralentissement de l’élan démographique. La population mondiale croîtra de 6 milliards en 1999 à 9 milliards en 2050, malgré ce ralentissement, soit 50 % de plus sur 50 ans..
La pyramide des âges souligne d’une part l’importance numérique des jeunes âgés de 15 à 24 ans dans les pays en développement, et d’autre part, le vieillissement de la population mondiale enclenché dans les pays occidentaux et asiatiques.
 
Clés de lecture :
  S = Ensemble des
Elan démographique :
Potentiel d’accroissement accumulé dans une population.
Ratio de dépendance
du jeune âge :
S - 15 ans
 S + 15 ans à - 64 ans
Ratio de dépendance
de la vieillesse :  
S + 64 ans
S + 15 ans à - 64 ans
Taux de dépendance sociétale : 
S - 15 ans + S + 64 ans
S + 15 ans à - 64 ans
Observations
Le FNUAP tire de ses observations plusieurs conséquences :
Compte-tenu de l’arrivée massive de jeunes dans les PED, la question de l’emploi restera sensible dans ces pays alors que le vieillissement de leur population modérera leur croissance.
 
Régime de retraite
 
Le FNUAP reste prudent sur l’avenir des régimes de retraite et sur leur poids dans l’économie productive. Dans les PED, ce type de régime quasi inexistant, n’a pas de sens ; et dans les pays développés la notion de retraite n’est pas figée. Il reste que si l’on veut maintenir jusqu’en 2025 le rapport des retraites à la population active (au niveau des années 90), il faudra reculer l’âge de la retraite à un niveau politiquement inacceptable (74 ans pour le Japon).
Selon le FNUAP, les mesures natalistes mises en œuvre dans les pays peu féconds ont toutes échoué, d’autant qu’on ne « voit pas très bien quel type de politique nataliste on pourrait mettre en œuvre sans empiéter sur les droits de l’homme ».
A défaut, le recours à la main d’œuvre immigrée pourrait soulager les PED des jeunes qu’ils ne savent employer et atténuerait « les pressions démographiques qui s’exercent sur les régimes de sécurité sociale dans les pays où la fécondité est peu élevée ». La FNUAP ne tranche pas entre ces deux orientations mais souligne néanmoins que la contrainte démographique n’altère pas mécaniquement la liberté de manoeuvre politique.
 
Migrations et boni démographique
 
Une augmentation de la main-d’oeuvre des pays en développement pourrait contribuer à atténuer les pressions démographiques qui s’exercent sur les régimes de sécurité sociale dans les pays où la fécondité est peu élevée. Cette augmentation devrait se situer bien au delà des niveaux actuels de migration pour avoir le même effet qu’un relèvement de l’âge de la retraite...
Augmenter la fécondité dans les pays industrialisés pour y faire pousser la main-d’oeuvre ne constitue pas une réponse, tout d’abord parce qu’aucun pays n’est parvenu à augmenter la fécondité en allant à contre-courant d’une tendance démographique à la baisse, ensuite, parce que cela exigerait des investissements considérables dans les domaines de l’éducation, du logement et de la santé qui pourraient effacer tout avantage qu’on pourrait escompter. Même si de telles politiques étaient faisables, elles n’auraient pas d’effet sur la main d’oeuvre avant 20 ou 25 ans...
 
Mis à part les appels au patriotisme et les incitations classiques d’ordre fiscal ou sous forme d’allocations qui ont tous échoué dans le passé, on ne voit pas très bien quel type de politique nataliste on pourrait mettre en oeuvre sans empiéter sur les droits de l’homme...
Les migrations ont des incidences sur les structures sociales et familiales du pays d’origine. Un exode de travailleurs qualifiés risquerait de réduire l ’importance du « dividende » démographique qu’il perçoit. En revanche, les envois de fonds des travailleurs migrants soutiennent leurs familles, les collectivités et l’économie nationale. Bien utilisé le dividende démographique pourrait accélérer ledéveloppement des pays d’origine et réduire les pressions qui contraignent les individus à émigrer.
 
Dimension de la population mondiale
 
Une différence d’un seul enfant par couple aujourd’hui peut se traduire par une différence de plus de 23 milliards d’individus dans une projection de la population à l’horizon 2150. En partant d’une hypothèse située 10 % au dessus du niveau de remplacement (environ 2,2 enfants) ou d’une hypothèse située 10 % en deçà du niveau de remplacement (environ 1,8 enfant) après 2025, on arrive en 2150 à une population de 18,3 milliards d’individus dans le premier cas et de 6,4 milliards dans le second cas .
 
Modes de vie
 
« Une contraception sûre et efficace a modifié du tout au tout la capacité des gens de réaliser leurs souhaits d’avoir une famille plus petite (ou plus grande) et de choisir le moment des naissances.... Mais les motivations qui sous-tendent le désir d’avoir une famille plus réduite sont complexes et variées. Certaines se fondent sur la tradition et la culture - il s’agit de préoccupations davantage sociales que personnelles - d’autres sur des considérations économiques. 
 
La longévité augmentant et la maternité survenant plus tard dans la vie, les familles pourront se trouver dans la situation de devoir entretenir simultanément des parents âgés et de jeunes enfants.
 
Valeur des enfants
 
En termes purement économiques, les enfants constituent un investissement coûteux, et la perception de ce coût stimule le souhait de réduire la dimension de la famille....
En Côte d’Ivoire, par exemple, le coût net d’un enfant est estimé entre 6 et 11 % du revenu annuel de la famille. Dans les régions développées, le coût direct et indirect est encore plus élevé. Il en coûte à une famille moyenne américaine 140.000 dollars pour élever un enfant de la naissance jusqu’à l’âge de 17 ans. Le coût du collège, sans lequel il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi, n’est pas inclus dans cette estimation. A titre de comparaison, le revenu annuel moyen d’une famille de quatre personnes est d’environ 50.000 dollars. ...
Dans le passé, les rentrées d’argent que représentait le travail des enfants à l’extérieur ont encouragé une fécondité élevée, mais ceci change de plus en plus. Le travail des enfants continue à être un trait caractéristique de l ’économie et de la vie familiale dans de nombreux pays en développement, mais il est de plus en plus critiqué car il constitue une violation des droits de l’homme.
 
Moins d’enfants, plus d’épargne
 
La capacité d’épargner davantage des familles plus petites, même en investissant davantage dans chaque enfant, paraît intuitivement plausible et se trouve confortée par les faits, tout comme le lien existant entre le taux d’épargne national et la dimension moyenne de la famille.
Une diminution du niveau de dépendance du jeune âge paraît induire une augmentation de l’épargne et de l’investissement nationaux.
 
Le mamy Boom
 
Dans les pays développés d’Europe, les femmes âgées de plus de 80 ans - dont beaucoup sont veuves- constitueront une partie toujours plus importante de la population totale au siècle prochain. Ce groupe de femmes âgées représentera 10 % de l’ensemble des femmes en 2050. En Allemagne, par exemple, on comptera vers 2050 plus de femmes âgées de 85 ans que de femmes dans aucune cohorte d’âge de 5 ans dans les autres groupes d’âges.
 
La retraite
 
La notion de retraite est en train d’évoluer. Pour beaucoup de gens dans les pays en développement, ce mot n’a guère de sens....
Si l’on veut maintenir jusqu’en 2025 le rapport des retraités à la population active qu’on connaissait dans les années 90, il faudra reculer l’âge de la retraite et le porter à un niveau qui paraît politiquement inacceptable. Le Canada, la Finlande et le Japon pourraient être contraints de reculer l’âge normal de la retraite au delà de 70 ans. La France devrait porter l’âge de la retraite à 67 ans, voire au delà.
 
La crise des pensions de retraite
 
La Banque mondiale s’attend à l’échec des régimes de pension financés par répartition.... Elle préconise un régime de sécurité sociale reposant sur plusieurs piliers. L’impôt financerait des régimes publics qui fourniraient, après examen des ressources, un soutien minimum. Le deuxième pilier serait constitué par des régimes de retraite par capitalisation intégrale, des régimes de retraite du secteur privé, des régimes de retraite financés par une épargne forcée régulée par l’Etat ou des régimes de retraite d’organisations professionnelles. Le troisième pilier serait constitué par des régimes de retraite volontaires financés par chaque participant en fonction de ses ressources et des cotisations qu’il est disposé à verser...
La Banque mondiale fait également des recommandations détaillées concernant la façon de gérer la transition entre différents systèmes dans différents contextes.
Le Chili a été proposé comme exemple de privatisation réussie du régime des retraites dans un pays en développement. Le rendement annuel des cotisations pendant les années 80 était élevé, dépassant 12 % en moyenne. Des critiques font état du montant élevé des dépenses d’administration, de la perte de contrôle des travailleurs sur une partie importante (10 %) de leurs revenus et de l’absence de revenu de remplacement garanti, les bénéfices étant soumis au régime fiscal général.
En dépit de ces inconvénients, cependant, beaucoup de pays s’inspirent de l’expérience chilienne au moment de concevoir d’autres programmes.
 

 Indicateurs sélectionnés

 
 
Mortalité infantile
pour 1000 naissances
Espérance de vie
H/F
Total mondial
57
63,4/67,7
France
7
74,6/82,9
 
 
Population mondiale (1998)
Population projetée (2025)
Taux total de fécondité
Total mondial
5929,8 millions
8039,1 millions
2,79
Afrique
778,5
1453,9
5,31
Asie
3588,9
4784,8
2,65
Europe
729,4
701,1
1,45
 
 
 
 
 
 
 
 3 - LE DEVELOPPEMENT HUMAIN
Notes autour du Rapport sur le développement humain
du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) [2].
 
 

 

Amartya Sen, le concepteur du développement humain
 
Le prix Nobel d’économie 1998 a été remis à l’économiste indien Amartya Sen pour ses travaux sur la « Théorie du choix social ».
Après Condorcet (1743-1794), le mathématicien Borda (1733-1799) avait mis au point une méthode permettant d’élire les membres d’une assemblée lorsqu’il y a pluralité de candidats, en attribuant à chacun d’eux un coefficient reflétant la préférence des électeurs. La même méthode pouvait être applicable à l’analyse du niveau de vie d’une population donnée. Amartya Sen la développa et arriva à la conclusion que le revenu n’était pas le seul critère permettant de définir la pauvreté ; l’absence de scolarité, de soins médicaux, de loisirs, et plus encore, l’espérance de vie, y participent également.
A la demande d’un de ses amis, fonctionnaire des Nations Unis, Mahbub Ul Haq, Amartya Sen construisit au début des années 1990 un nouvel indice, capable de rivaliser avec celui du Produit National Brut (PNB). Ce fut l’indice synthétique du développement humain (IDH) qui prend en compte le taux de mortalité infantile, l’espérance de vie, l’accès à l’enseignement, le taux d’alphabétisation, et le nombre de médecins par habitants. L’IDH fut retenu par l’ONU.
 
La consommation mondiale des biens et services s’élève à 144.000 milliards de francs en 1998. 2 fois plus qu’en 1975, 6 fois plus qu’en 1950.
Pourtant, selon le rapport du PNUD, cette croissance n’est pas un facteur d’amélioration de l’ensemble de la population mondiale car 20 % de la population mondiale dépensent 80 % du total.
Plus de 1 milliard de personnes ne sont même pas en mesure de satisfaire leurs besoins de consommation élémentaire.
 
Un développement peu partagé.
 
Si de 1975 à 1995, le nombre de téléviseurs vendus en Amérique latine a progressé de 500 %, celui des automobiles de 1400 % en Asie du Sud est, sur les 4,4 milliards d’habitants des PED, un tiers n’a toujours pas accès à l’eau potable, un quart n’a pas de logement correct.
La société de consommation contribue au développement humain quand elle accroît les potentialités et enrichit l’existence des uns sans affecter le bien être des autres, mais elle peut exacerber les inégalités et mettre en péril l’environnement.
 
C’est pourquoi le rapport du PNUD mesure le développement humain de chaque pays en fonction du critère quantitatif classique du revenu par tête, mais aussi de deux autres critères qualitatifs, la longévité et le niveau d’instruction des habitants. Il ne s’agit plus de mesurer la production, mais de pondérer celle-ci par sa répartition.
 
Selon les critères de l’Indicateur du Développement Humain (IPH), le Canada, classé 12 e en termes de revenus, arrive 1er sur les 144 pays étudiés pour l’état du développement humain. Le Sultanat de Brunaï qui a le PIB par habitant le plus élevé du monde avec 31.165 $ (186.000 F) rétrograde à la 35 e classe selon ces mêmes critères.
 
Si la consommation est un acte privé, la mise à l’écart de celle d’un milliard de personnes pour insolvabilité montre que l’accès à cet acte doit provenir de l’action publique.
Selon ce rapport du PNUD, 98 pays sur 174 ont converti avec succès leur prospérité économique en potentialités humaines.
 
Des enquêtes de l’OCDE montrent que dans 12 pays d’Europe et d’Amérique du Nord, 18 % des adultes ne sont pas à même de satisfaire aux besoins de lecture élémentaire d’une société moderne.
Dans les économies en transition, 120 millions de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour ; dans les pays en transition, 120 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire de 4 dollars par jour.
L’espérance de vie régresse dans les PED à mesure que la pandémie du Sida s’aggrave. Dans les pays riches, si l’abondance de biens matériels atteint des niveaux sans précédent, le nombre de ceux qui n’ont pas de toit, pas assez à manger et sont exclus, augmente.
 
Le PNUD introduit un Indicateur de Pauvreté Humaine dans les PI qui, avec la mesure du revenu, tient compte de l’espérance de vie, du niveau d’alphabétisation, et du nombre de chômeurs de longue durée. Selon ce modèle, pour les pays de l’OCDE, les Etats-Unis, en tête pour la richesse nationale, le sont aussi pour sa mauvaise répartition : 16,5 % de sa population vit dans le dénuement et la pauvreté, 20 %de sa population est analphabète et 13 % ont une espérance de vie inférieure à 60 ans.
 
Les 3 personnes les plus riches du monde ont une fortune supérieure au PIB de 48 PED, les 84 personnes les plus riches du monde dépassent le PIB de la Chine (1,2 Mds. de $).
Selon le PNUD, il suffirait de moins de 4 % de la richesse cumulée des 225 plus grosses fortunes mondiales pour donner à toute la population du globe l’accès aux besoins de base et aux services sociaux élémentaires.
 
Qu’est-ce que le développement humain ?
 
Le développement humain consiste à élargir le champ des possibles ouvert aux individus. Trois possibilités essentielles lui sont offertes : celle de vivre longtemps et en bonne santé, d’acquérir des connaissances et un savoir, et d’avoir accès aux ressources nécessaires pour vivre décemment. L’absence d’une ou de plusieurs de ces capacités prive les individus d’un grand nombre d’opportunités.
Le développement humain est lié aux différentes préoccupations du monde d’aujourd’hui : droits de l’homme, bien-être collectif, équité, viabilité à long terme.
Comment le mesurer ? IDH et IPH
 
Le premier rapport sur le développement humain date de 1990. Un outil appelé Indicateur du Développement Humain (IDH) permet de mesurer le niveau moyen d’un pays selon 3 critères essentiels : longévité, instruction et conditions de vie.
Alors que l’IDH permet de mesurer le progrès général d’un pays en terme de développement humain, l’Indicateur de Pauvreté humaine (IPH) s’attache à la répartition du progrès et tente de mesurer les dénuements qui subsistent. L’IPH 1 mesure la pauvreté humaine dans les pays en développement alors que l’IPH 2 mesure celle des pays industrialisés sur les mêmes critères mais en y ajoutant l’exclusion.
 
Consommation et développement
 
Les dépenses de consommations publiques et privées atteindront 24.000 milliards de dollars en 1998, soit deux fois plus qu’en 1975 et six fois plus qu’en 1950. En 1900, ces dépenses de consommation, en termes réels, représentaient à peine 1500 milliards de dollars.
La consommation est essentielle, mais elle ne débouche pas automatiquement sur le développement humain. Elle y contribue lorsqu’elle accroît les potentialités et enrichit l’existence des uns sans affecter le bien-être des autres. Elle y contribue lorsqu’elle tient compte des générations futures comme des générations actuelles, lorsqu’elle encourage le dynamisme et la créativité des individus et des communautés..
 
Si l’on ne favorise pas les marchandises donnant une place à la satisfaction des besoins essentiels, les problèmes posés aujourd’hui par la relation entre consommation et développement humain s’aggra-veront.
 
Un indicateur de pauvreté humaine : IPH
 
La croissance de la consommation au XX e siècle révèle de nombreuses insuffisances et inégalités.
Le nouvel indicateur de la pauvreté humaine (IPH-2) montre que les pays industrialisés comptent entre 7 % (Suède) et 17 % (Etats-Unis) de pauvres. Pourtant, la Suède n’arrive qu’en 13 e position en termes de revenu moyen par habitant alors que les Etats Unis se classent en tête. Cet outil mesurait en 1997 différentes dimensions du dénuement des PED (IPH), il est en 1998 adapté aux réalités socio-économiques des pays industrialisés (IPH-2).
L’IPH-2 montre ainsi que dans les pays riches, plus de 100 millions de personnes subissent un sort analogue. L’espérance de vie de près de 200 millions d’individus ne devrait pas dépasser 60 ans. Plus de 100 millions n’ont pas de logement.
Aujourd’hui, la consommation d’un ménage africain moyen est en recul de 20 % par rapport à celui qu’il connaissait voici 25 ans.
 
A l’échelle mondiale, les 20 % d’êtres humains vivant dans les pays les plus riches se partagent 86 % de la consommation privée totale, contre une part infime 1,3 % pour les 20 % vivant dans les pays les plus pauvres.
 
La consommation est l’affaire des nantis
 
La consommation dans le monde est essentiellement l’affaire des nantis mais ce sont les pauvres qui en supportent le plus gravement les conséquences environnementales.
Un enfant qui voit le jour dans le monde industrialisé consommera et générera plus de pollution, au cours de sa vie, que 30 à 50 enfants nés dans les pays en développement.
Les conséquences du réchauffement planétaire dû au dioxyde de carbone risquent d’être dévastatrices pour de nombreux pays pauvres : une hausse, même faible, du niveau des mers, pourrait faire perdre au Bangladesh 17 % de sa superficie émergée.
 
La population mondiale devrait compter 9,5 milliards d’individus en 2050, dont plus de 8 milliards dans les pays en développement. Nourrir correctement cette population suppose de multiplier par trois la quantité de calories consommée actuellement, ce qui représente quelque 10 milliards de tonnes de céréales par an.
Les interrelations entre les individus et leur environnement sont complexes : elles sont loin de se limiter à une question de richesse ou de pauvreté. La forme de propriété des ressources naturelles, l’accès aux biens communs, la solidité des communautés et des institutions locales, la question des différents types de droits, ainsi que celle des risques et des incertitudes, sont autant de déterminants majeurs du comportement face à l’environnement...
 
 
Pressions en faveur de la consommation ostentatoire
 
La définition du « nécessaire » évolue rapidement, et la distinction entre l’indispensable et le superflu se fait plus floue.
L’endettement des ménages et, en particulier, le crédit à la consommation, sont en augmentation, tandis que leur épargne est en baisse dans de nombreux pays industrialisés et en développement. Aux Etats-Unis, le taux d’épargne des ménages représente seulement 3,5 % des revenus, soit deux fois moins qu’il y a 15 ans.
 
Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de l’impact de ces tendances sur les valeurs de la société et sur l’existence humaine....Ces schémas poussent-ils les individus à passer davantage d’heures au travail, avec pour effet de réduire le temps consacré à la famille, aux amis et à la collectivité ? Et la mondialisation accélère-t-elle ces tendances à la surenchère des dépenses et à l’augmentation des besoins ?
On estime à 150.000 le nombre de spots publicitaires que voit un Américain moyen à la télévision au cours de sa vie. Et la publicité progresse dans le monde entier plus rapidement que la population ou les revenus. Les dépenses publicitaires mondiales se chiffrent à 535 Mds. de dollars. Leur croissance est particulièrement rapide dans les pays en développement.
 
Croissance de la pauvreté
 
Dans 70 pays où vivent près d’un milliard de personnes, le niveau de consommation est aujourd’hui inférieur à ce qu’il était il y a 25 ans. Et ce niveau ne pourra être relevé sans une accélération de la croissance économique. De 1985 à 1995, seuls 21 pays en développement ont vu leur PIB par habitant augmenter d’au moins 3 % chaque année, rythme nécessaire pour permettre le recul de la pauvreté.
Certains laissent entendre que les pays en développement devraient restreindre leur consommation afin de limiter les atteintes à l’environnement. Or, cela reviendrait à condamner les générations futures au même dénuement que celles d’aujourd’hui, un dénuement dont l’ampleur et la gravité sont déjà scandaleuses.
Certains affirment qu’il faut ralentir la croissance et réduire la consommation des autres pays. Cependant, le véritablement problème n’est pas la croissance de la consommation, mais ses incidences sur les individus, sur l’environnement et sur la société. Si les sociétés adoptent des technologies diminuant l’impact de la consommation sur l’environnement, si la consommation des biens matériels passe le relais à celle des services, la croissance peut aider, et non freiner, l’évolution vers la viabilité à long terme. Les choix stratégiques auxquels sont confrontés les pays riches seront déterminants pour l’avenir .
 
 
Supprimer les subventions
 
De nombreux pays en développement ont recours aux subventions pour aider les pauvres à survivre et à faire reculer la misère. Dans le même temps, la plupart des pays du globe taxent la force de travail et subventionnent, directement ou indirectement, la pollution et les atteintes à l’environnement. Ces incitations porteuses d’effets pervers sont particulièrement courantes dans les secteurs de l’énergie, de l’eau, du transport routier et de l’agriculture. Dans ces quatre secteurs, le total mondial des subventions représenterait entre 700 et 900 milliards de dollars par an. Par ailleurs, ces subventions ont souvent un effet redistributif négatif, c’est-à-dire qu’elles profitent avant tout aux nantis, organisés en groupes de pressions politiques, en opérant des saignées sur les budgets publics....
Dans la sphère de l’OCDE, c’est l’agriculture qui reçoit le plus de subventions (plus de 330 milliards de dollars.
 
 
Remplacer les subventions porteuses d’effets pervers par des écotaxes.
 
Faire baisser la fiscalité de la main d’oeuvre pour augmenter celle des activités polluantes et d’autres formes d’atteinte à l’environnement pourrait présenter des avantages considérables. Une enquête de l’OCDE consacrée à la Norvège suggère qu’un tel changement - qui serait neutre en terme de recettes - ferait baisser le chômage tout en encourageant le recyclage et en réduisant les nuisances environnementales....
 
On enregistre également des progrès dans le domaine de la consommation viable à long terme et de l’environnement, sous la pression des citoyens, de l’action publique et des réactions du secteur privé. Grâce à quels outils ? Les écotaxes, la suppression des subventions porteuses d’effets pervers, l’instauration d’une réglementation environnementale rigoureuse et assortie de pénalités, des efforts de la part des communautés en vue d’une meilleure gestion des ressources communes et une fourniture plus équitables d’infrastructures et de services publics.
 
 
Indicateur du Développement Humain
 
Classement IDH
Espér.vie
alphab..
scolar.
PIB réel/hab
IDH 95
 
 
 
 
 
 
1 Canada
79,1
99,0
100
21.916
0,960
2 France
78,7
99,0
89,0
21.176
0,946
3 Norvège
77,6
99,0
92,0
22.427
0,943
4 Etats-Unis
76,4
99,0
96,0
26.977
0,943
5 Islande
79,2
99,0
83,0
21.064
0,942
6 Finlande
76,4
99,0
97,0
18.547
0,942
7 Pays-Bas
77,5
99,0
91,0
19.876
0,941
8 Japon
79,9
99,0
78,0
21.930
0,940
16 Suisse
78,2
99,0
76,0
24.881
0,,930
19 Allemagne
76,4
99,0
81,0
20.370
0,,925
35 Brunéi
75,1
88,2
74,0
31.165
0 ,889
52 Pologne
711
99,0
79,0
 5.442
0,851
54 Koweit
75,4
78,6
58,0
23.848
0,848
74 Roumanie
69,6
98,0
62,0
 4.431
0,767
89 Afrique du Sud
64,1
81,8
81,0
 4.334
0,717
106 Chine
69,2
81,5
64
 2.935
0,650
125 Maroc
65,7
43,7
48
 3.477
0,557
158 Sénégal
50,3
33,1
33
 1.815
0,342
169 Ethiopie
48,7
35,5
20
 455
0,252
171 Mali
47,0
31,0
18
 565
0,236
174 Sierra Leone
34,7
31,4
30
 625
0,185
Monde
63,6
77,6
62
 5.990
0,772
 
La consommation dans un village mondial
 
Les dépenses de consommation, privées et publiques, s’élèvent, à l’échelle mondiale, à 24.000 milliards de dollars en 1998. Elles ont doublé, en termes réels, en 25 ans.
Depuis 1960, l’espérance de vie est passée de 46 ans à 62 ans dans les pays en développement et de 69 à 74 dans les pays industrialisés. alors que la mortalité infantile a reculé pour passer de 149 à 65 décès pour 1000 naissances vivantes dans les pays en développement et de 39 à 13 pour 1000 dans les pays industrialisés...
 
Les importations mondiales de marchandises ont augmenté à un rythme soutenu, pour passer de 2000 milliards de dollars en 1980 à plus de 5000 milliards en 1995. La part des produits manufacturés dans les importations totales a progressé dans pratiquement tous les pays entre 1980 et 1995, de 19 à 54 % au Japon, de 40 à 71 % au Brésil, de 51 à 81 % en Thaïlande et de 50 à 79 % aux Etats-Unis.
 
La fête, source de solidarité à l’intérieur de la communauté.
 
Nombre de sociétés traditionnelles avaient pour usage de redistribuer leurs excédents de biens au cours de cérémonies. Dans l’une des communautés amérindiennes les plus connues du nord-ouest du Canada, des objets ouvragés étaient détruits lors d’un rituel appelé potlatch. Même si ces objets étaient finalement perdus, en faire don à la communauté suscitait une bienfaisance collective et constituait une forme d’investissement dans la solidarité sociale.
Dans d’autres cultures, ces formes de redistribution avaient pour objectif d’égaliser les revenus. Ainsi, le tissu social de nombreuses communautés indiennes du Mexique reposait sur le « culte du cargo » : les chefs des familles occupaient dans la communauté une position comparable à celle du maire. Ils finançaient la fête annuelle du village et employaient les membres des familles les plus pauvres comme musiciens, danseurs, décorateurs, cuisiniers, brodeurs ou messagers. Ils payaient en espèce ou en nature - prêts de bœufs pour les labours, permission de couper des roseaux pour la vannerie. Viva la fiesta ! Chacun était invité à prendre part à la fête, ce qui contribuait au soutien des veuves et des orphelins du village. Cette forme de consommation représentait également un investissement pour les chefs du village, car ils pouvaient compter sur une aide en retour.
Ce recours à la consommation pour répartir le revenu et tisser une solidarité sociale est remis en cause dès que ces communautés vivant jusqu’alors en autarcie s’ouvrent à l’économie de marché. En effet, comme les biens et les services nécessaires à la fête proviennent de l’extérieur, la richesse sort de la communauté et n’est de ce fait plus redistribuée.
 
 
Ce qui était considéré comme un luxe
 
Le relèvement des normes sociales va plus vite que la progression du revenu. Les normes sociales de la consommation, c’est-à-dire le type de vêtements, de logement et de transport qu’une personne utilise, sont partout à la hausse. Ce qui était considéré comme un luxe il y a une vingtaine d’années est aujourd’hui une nécessité : une voiture pour chaque famille de la classe moyenne en France, une montre-bracelet pour chaque famille rurale en Inde, une réfrigérateur dans chaque famille en Chine.....
Quelles qu’en soient les causes, l’augmentation de la consommation révèle la hausse des normes sociales. D’autres travaux mettent en évidence les mêmes tendances. Des études réalisées sur les ménages aux Etats-Unis ont montré que le revenu nécessaire pour satisfaire aux envies de consommation avait doublé entre 1986 et 1994, passant à plus de deux fois le revenu médian.
 
Epargne et endettement
 
Certains signes indiquent que les consommateurs étirent leurs revenus pour acheter toujours plus, ce qui accroît le crédit à la consommation et fait reculer l’épargne des ménages. Aux Etats-Unis, le ménage moyen n’épargne que 3,5 % de son revenu disponible, soit environ la moitié du taux observé il y a une quinzaine d’années. La valeur médiane du patrimoine financier des ménages n’atteignait que 13.000 dollars en 1995...
Par ailleurs, l’endettement augmente inexorablement depuis une dizaine d’années, il s’établissait à 5.500 milliards de dollars en 1997. Une bonne partie de cette progression est imputable à l’utilisation des cartes de crédit qui a doublé entre 1990 et 1996. Dans la plupart des pays de l’OCDE, l’épargne des ménages est aussi en recul.
L’endettement des ménages est, lui, à la hausse dans de nombreux pays. Entre 1983 et 1995, mesurés en pourcentage du revenu disponible, les engagements sont passés de 74 % à 101 % aux Etats-Unis, de 85 % à 113 % au Japon, de 58 % à 70 % en France et de 8 à 33 % en Italie. Au Chili, le nombre des défauts de paiement et des chèques sans provision est à la hausse. Au Brésil, les chèques sans provision constituent une forme répandue de financement de la consommation : leur proportion par rapport au nombre total de chèques émis a été multipliée par six entre 1994 et 1996. Et en 1996, le crédit à la consommation consenti par les banques a, à lui seul, augmenté de 28 %. Sur les 1,5 million de familles brésiliennes vivant avec un revenu inférieur à l’équivalent de 300 dollars par mois, les deux tiers étaient endettées.
 
Notre vieille Europe
 
En 1991, une étude de l’Insee évoquait l’immigration comme l’un des moyens de lutte contre le pénurie de main d’œuvre qui guette la France dès le début du XXI e siècle.
L’idée fut reprise par le rapport Boissonnat, Commissariat au Plan (Le travail dans 20 ans, 1995). L’idée de quotas d’immigrés fixés en fonction des besoins de l’économie est à présent souvent évoquée.
Le rapport sur les migrations internationales (OCDE 1998) souligne que depuis 1982, la croissance démographique de l’Europe résulte davantage de l’immigration que des naissances, alors que dans les autres pays de l’OCDE, les naissances jouent toujours un rôle dominant. En Allemagne et en Italie, une assez forte immigration ne parvient pas à compenser une démographie naturelle négative. Dans ce cas, « l’apport net des migrations ne réduit pas le déclin démographique. En France, les naissances étrangères ou d’origine étrangère représentaient 10,1 % de l’ensemble des naissances en 1996, alors que 6,4 % de la population est étrangère.
Selon l’OCDE, pour seulement stopper le vieillissement de la population entre 2010 et 2020, il faudrait introduire 11 millions d’immigrés (entre 0,63 million entre 85/95). Même combat dans tous les pays de l’OCDE : le Japon où il faudrait 22 millions d’immigrés pour contrer le déséquilibre actifs/retraités et le Royaume Uni où 7,6 millions seraient nécessaires. Face à ces chiffres, l’OCDE conclut qu’une politique de recours brutal à l’immigration sera « difficile à gérer », c’est pourquoi elle estime que la politique d’immigration ne peut être qu’un moyen d’action partiel et imprécis pour freiner le processus de vieillissement des populations.
Pourtant, l’appel pressant lancé par le ministre de l’emploi aux informaticiens étrangers pour faire face à la demande liée au « bogue de l’an 2000 » marque un tournant après 25 ans de discours sur les fermetures des frontières.
 
 
L’irrésistible essor du pouvoir gris
 
 
En France, le vote est un droit, ce n’est pas une obligation. La majorité légale requise pour voter y est fixée à 18 ans depuis 1974.
La population des inscrits est donc une fraction de la population totale. Elle constitue le corps électoral potentiel ouvert à la population majeure.
 
En 1995, sur une population totale de 58,7 millions d’habitants, 44,4 millions - soit 76 % - possédaient la majorité requise pour exercer ce droit. On comptait 11,2 millions d’électeurs potentiels âgés de 60 ans et plus, soit 27 % du corps électoral potentiel métropolitain, tandis que les électeurs potentiels âgés de moins de 35 ans - âges concernés par la constitution et l’agrandissement des familles - couvrait 32 % de l’ensemble.L’âge médian du corps électoral potentiel est de 44,2 ans avec 45,5 ans pour les femmes et 42,9 pour les hommes.
 
L’inscription sur les registre électoral est accordé aux citoyens domicilié dans la commune ou y résidant depuis 6 mois ou y acquittant pour la 5 e fois consécutive une contribution directe communale.
Ces dispositions écartent du corps électoral une large frange de la population majeure française non encore insérée socialement comme les jeunes, les étudiants, ou marginalisée, comme les SDF, les RMIstes, les nouveaux pauvres.
Cette population marginale exclus du corps électoral réel s’élève à 10 %, soit environ 4,5 millions de français ne figurant pas sur les registres électoraux.
En 1995, la population métropolitaine majeure constituant
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Ces évolutions ne laissent aucun doute sur le sens de l’arbitrage qui continuera à être rendu au Parlement entre les priorités à accorder aux besoins des citoyens des troisième et quatrième âges et à leurs « droits acquis », face à la nécessité pourtant absolue et chaque jour plus impérieuse d’un renouveau de la politique familiale du pays par la restauration du principe COMPENSATOIRE des allocations familiales prévu par le Législateur de 1945 et 1952, seul à même, en préservant les revenus RELATIFS des familles, de prévenir l’implosion démographique définitive du pays.
 
Les enfant ne pouvant être à même de voter, la place des familles se rétrécissant dans le corps social sous l’effet du vieillissement démographique et de la dénatalité, leurs besoins sont, et seront, de plus en plus mollement défendus au Parlement, face aux intérêts de plus en plus pressants des autres groupes de la population métropolitaine, en particulier ceux des personnes des troisième et quatrième âges, et des autres citoyens à charge des budgets publics, dont les votes deviennent désormais, et seront de plus en plus largement majoritaires au fond des urnes.
 
La spirale infernale de l’implosion démographique sous l’effet du vieillissement :  la « loi de pesanteur démographique ».
 
Ce mécanisme politique qui vient d’être exposé constitue en réalité une modalité du développement du processus démo-économique plus général de l’implosion démographique des sociétés post-transitionnelles, régi par la « Loi newtonnienne de pesanteur démographique » qui s’énonce ainsi :
 
« L’élasticité du taux brut de reproduction (R) de la population par rapport au niveau de vie RELATIF (r) des inactifs âgés (en proportion du niveau de vie (N) des adultes actifs) s’accroît sur le long terme comme l’inverse du carré du taux brut de reproduction de la population (1/R2).
 
Cette loi exprime l’effet de levier que le poids des prélèvements de tous ordres, sociaux et financiers (tzux d’intérêts réels) au bénéfice des seniors inactifs tend peu à peu à exercer sur la fécondité d’une population.
S’allongeant avec la dénatalité (que traduit la régression du taux brut de reproduction R de la population), ce levier est à présent tel en France, qu’un accroissement de 1 % dezs revenus RELATIFS des troisième et quatrième âges par rapport au salaire net moyen, tend à induire une pression à la baisse d’environ 2 % sur la fécondité des adultes qui, face aux prélèvements, cherchent à préserver leur niveau de vie social, c’est-à-dire en fait, leur place dans une société de plus en plus vieillie.
 
Ainsi, 20 ans de sous-fécondité, engendre une génération plus tard l’augmentation des taux de prélèvements en faveur des retraités. La solution de facilité pour les politiciens consiste toujours alors à diminuer en cntre partie le financement de la politique familiale, diminution qui entraîne une nouvelle chute de la fécondité. Ainsi la baisse est-elle cumulative et tourne-elle à l’implosion.
 
 
THEORIES DE LA TRANSITION DEMOGRAPHIQUE *
 
1 - La théorie onusienne
Pendant des millénaires, l’humanité a connu un équilibre démographique à faible croissance, caractérisé par une fécondité élevée de six enfants par femme, et une mortalité élevée, l’espérance de vie à la naissance étant de vingt-cinq ans.
A la fin du XVIII e siècle de notre ère, la population s’est mise à croître rapidement en Europe, la mortalité a baissé sous l’effet du progrès économique, des progrès de l’hygiène et de la médecine.
Au bout d’un siècle de ce régime, vers 1900, les familles se rendirent compte qu’il n’était plus nécessaire d’avoir beaucoup d’enfants pour qu’il en reste quelques-uns à l’âge adulte.
Or les enfants sont une charge s’il faut les éduquer ; les familles se mirent donc à restreindre leur descendance, confortée en cela par les progrès de l’individualisme et le détachement progressif vis-à-vis des idées religieuses.
Cependant, les naissances continuaient à être plus nombreuses que les décès.
Partout aujourd’hui la mortalité a baissé. Partout également la fécondité a décru sauf en Afrique et dans quelques pays orientaux. Selon l’ONU, dans vingt ans, partour les méthodes de restriction des naissances seront appliquées, et dan cinquante ans la fécondité et l’espérance de vie rejoindront les niveaux aujourd’hui atteints en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Un nouvel état d’équilibre sera près d’être atteint.
Vers 2100, la population du monde aura cessé de croître. De 6 milliards aujourd’hui, elle se stabilisera au niveau de 10 à 12 milliards d’hommes. La transition démographique aura duré trois siècles.
 
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* : V. Dufermont, La Jaune et la Rouge, Juin juillet 1995
 
 
 
 
 
 
 
Dépôt Légal 1998
 


[1] : Etat de la population mondiale (FNUAP) publié le 2 septembre 1998 (ONU-UNESCO 1, rue Miollis 75015 Paris).
[2] : .Le développement humain (PNUD) publié le 9 septembre 1998. (ONU-UNESCO 1, rue Miollis 750A5 Paris).

Documents joints

Où va le monde (2 et 3)

28 avril 2009
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